L’écriture à l’école

L’écriture est un exercice de dextérité apprise depuis le plus jeune âge à l’école. Le professeur dessine chaque lettre de l’alphabet suivant une ligne de base. L’écolier apprend à se rapprocher au plus près du dessin. Après plusieurs années de pratique, l’élève trouve un style personnel. En attendant, sur quoi se basent les professeurs pour enseigner le dessin de chaque lettre ? Existe-t-il un modèle de référence propre à tous les enseignants ou chacun fait comme bon lui semble ?

J’ai posé la question à plusieurs amis instituteurs. J’ai été très étonné d’apprendre qu’il n’existe aucun socle commun. Les futurs enseignants récupèrent la matière des anciens. Les élèves s’exercent dans des cahiers d’exercices choisis selon leur professeur. Le ministère de l’Enseignement ne fournit aucune matière et il n’existe aucune directive. Cela suppose donc des variantes plus ou moins prononcées en fonction de chaque école, chaque classe, chaque instituteur.

Le tracé des lettres n’est pas normalisé, c’est-à-dire qu’on observe plusieurs manières de tracer certaines lettres dans notre pays. www.tilekol.org

Du coup, comment se fait le choix des écritures cursives ? Pourquoi écrire un H majuscule à l’ancienne plutôt qu’un H simplifié ? Nous savons tous qu’une même lettre possède différents glyphes (forme, représentation, dessin). Existe-t-il des études sérieuses sur le niveau de difficulté du tracé des lettres ? Après tout, il est logique de choisir des écritures simples et faciles à écrire pour des jeunes apprenants. Pas certain qu’une réflexion soit faite de la part des enseignants à ce niveau. Il suffit de voir les sujets laissés sur les forums d’entraide. Bien souvent, les réponses renvoient vers des sites de téléchargement de polices. Une écriture cursive ou du type écolier fait amplement l’affaire.

Internet est bien souvent la solution à tout questionnement. On ne cherche pas à comprendre mais plutôt une réponse pratico-pratique. Or, il suffit de se rendre sur un site comme Dafont.com pour trouver des dizaines de polices écolier. Ci-dessous, la Cursive Standard.

Écriture Cursive Standard

Ne suis-je pas en train de faire fausse route ? Je devrais sans doute remonter le temps pour comprendre le choix typographique. Dans les années 50, l’écriture est un apprentissage rigoureux et exigeant. On ne badine pas avec cette matière. L’enfant doit apprendre à manier la plume, l’encrier, son support ainsi que les pleins et les déliés.

Notre cursive actuelle (laquelle ?) est-elle une adaptation de ce temps passé ? Je n’en suis pas certain. Jadis, la beauté des lettres, la calligraphie faisait partie intégrante de l’apprentissage. D’ailleurs, certains ne se gênaient pas pour prétendre que « l’écriture est la science des ânes ».

Chez nous, les lettres sont attachées entre elles pour former des mots. C’est ce qu’on appelle la cursive, contrairement à la script où les signes se suivent sans se tenir les uns aux autres. Cela suppose donc d’apprendre la lettre et sa liaison à l’intérieur du mot (ce que ne font pas les logiciels).

Alphabet latin enseigné en primaire
Ce tableau vous rappelle certainement des souvenirs

Le sujet peut paraître futile. Après tout, la maîtrise de l’écriture est une base, un outil pour permettre à chaque écolier de s’approprier la sienne et de la personnaliser. D’ailleurs, cette évolution du trait se fait tout au long de notre vie sans qu’on puisse objectivement expliquer les raisons de tels changements.